Chambres et appartements de charme à Honfleur
À une quinzaine de kilomètres de Honfleur, Trouville-sur-Mer n’a jamais cherché à se déguiser. Port de pêche devenu « Reine des Plages », elle a gardé ses chalutiers, sa halle et ses ruelles, sans renoncer à ses villas de la Belle Époque. Plutôt qu’une simple liste de lieux, voici un parcours en six escales, du quai de la Touques jusqu’aux hauteurs de la ville, pensé pour une journée au départ de La Petite Folie — avec quelques liens inattendus entre les deux villes.
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Comptez environ 15 kilomètres et une vingtaine de minutes en voiture hors affluence (davantage en été ou un jour de marché). Sans voiture, la ligne de bus 111, qui dessert Honfleur, Trouville et Deauville, met une trentaine de minutes : les modalités sont détaillées dans notre guide pour venir à Honfleur sans voiture (/venir-a-honfleur-depuis-paris).
Les deux villes ont plus en commun qu’il n’y paraît : même estuaire, même attrait pour les peintres — Eugène Boudin a peint la plage de Trouville, et Claude Monet y a posé son chevalet dès août 1870 — et même goût pour les halles et les ports vivants.
Sur le boulevard Fernand-Moureaux, face à la Touques, la Halle aux poissons cache un secret qui parlera aux amoureux de Honfleur. Construite en 1936 à l’issue d’un concours, sur les plans de l’architecte trouvillais Maurice Vincent associé à Marcel Davy et Maurice Halley, sous le mandat du maire Fernand Moureaux, elle est en béton armé (procédé Hennebique) mais habillée à la normande : faux pans de bois, échauguette d’angle et entrée de la criée s’inspirent de la Lieutenance de Honfleur, dans le cadre de la politique de « normandisation » voulue par le maire. Inscrite aux monuments historiques depuis 1992, elle a été ravagée par un incendie en septembre 2006 puis reconstruite à l’identique.
Neuf poissonneries s’y partagent aujourd’hui les étals, ouverts toute l’année : crabes, crevettes, homards, huîtres, moules de bouchot et poissons de la Manche, avec, selon le guide Gault&Millau, la « mythique » soupe de poissons de la maison Saiter.
Le long de la plage, la promenade Savignac — les « Planches » de Trouville, un peu moins d’un kilomètre — sert d’écrin à un véritable catalogue d’architecture balnéaire. La plupart de ces villas datent des années 1860-1880, à l’époque où l’éclectisme autorisait toutes les fantaisies : néo-normand, Louis XIII, Renaissance, néo-oriental.
La Maison Persane fait d’ailleurs un joli écho au kiosque mauresque de 1871 (/kiosque-mauresque-honfleur) de La Petite Folie : le XIXe siècle balnéaire rêvait volontiers d’Orient, de Honfleur à Trouville. Au bout de la promenade, l’ancien hôtel des Roches Noires clôt la perspective.
Perchée sur la colline, face à la mer, la Villa Montebello a été construite en 1865 par l’architecte Jean-Louis Célinsky de Zaremba, dans le plus pur esprit balnéaire du Second Empire. Elle abrite depuis 1972 le musée d’art et d’histoire de Trouville, consacré aux débuts de la station et à l’histoire des bains de mer : peintures, affiches, lithographies, dessins, manuscrits, objets et vêtements.
Deux figures y ont une place d’honneur : Charles Mozin, le peintre qui « découvrit » Trouville dès 1825, et l’affichiste Raymond Savignac, Trouvillais d’adoption, dont les murs peints parsèment la ville. Une galerie du musée, installée dans l’Office de Tourisme (32, boulevard Fernand-Moureaux), présente par ailleurs des affiches promotionnelles de la ville. Entrée à 8 € (tarif réduit 4 €, audioguide 2 €), jardin et ateliers sur place. (Le musée observe une fermeture annuelle en hiver et des horaires variables selon les saisons : à vérifier avant de venir.)
Chaque été, la famille Flaubert venait passer ses vacances à Trouville. C’est sur la plage, en août 1836, que le jeune Gustave, quinze ans, aperçoit Élisa Schlésinger, vingt-six ans, épouse d’un éditeur de musique. Selon la tradition, il ramasse une pelisse rouge rayée de noir que la marée montante était en train de mouiller, et la lui rend. Cet amour sans retour nourrira L’Éducation sentimentale, où Élisa inspire le personnage de Madame Arnoux ; Flaubert reviendra d’ailleurs à Trouville en 1864 pour raviver ces émotions avant de se lancer dans l’écriture. Dans Un cœur simple (1876), il transpose ses vacances heureuses de Trouville avec sa sœur Caroline.
Au bord de la Touques, place Foch, une statue de l’écrivain en costume blanc lui rend hommage ; une plaque rappelle que ses émotions les plus vives furent trouvillaises. On dit que son regard se tourne vers l’ancien hôtel Bellevue, où séjournait Élisa.
L’escalier du Serpent, rue de Formeville, est un passage discret qui relie le quartier Bonsecours aux hauteurs de la ville. Ses 107 marches paraissent interminables vues d’en bas, mais l’effort est récompensé par un beau panorama sur les toits et le littoral de Trouville.
Pour une vue à 360°, direction les belvédères de la Presqu’île. Attention, ils se situent côté Deauville, à la jonction exacte des deux villes, à quelques minutes à pied de la gare, et se rejoignent depuis Trouville par le Pont des Belges, la passerelle ou le petit bac. Inaugurées en 2020, ces deux tours de 28 mètres s’inspirent de l’ancien phare de Deauville, démoli en 1929. L’une d’elles est ouverte au public : on y monte par un escalier (155 à 170 marches selon les sources) ou par l’ascenseur, pour embrasser l’estuaire de la Touques, le port de pêche de Trouville, la marina de Deauville et, au loin, les vallons du Pays d’Auge. L’accès est payant, pour un tarif modique, avec des horaires variables selon la saison.
Selon la sélection du guide Gault&Millau, quatre adresses font la table de Trouville : Les Vapeurs, la grande brasserie du quai (160, boulevard Fernand-Moureaux), ouverte tous les jours et créée dans les années 1920, pour ses poissons et fruits de mer ; La Poissonnerie, c’est-à-dire la Halle elle-même, pour déguster des produits ultra-frais directement sur place ; Les Quatre Chats, pour une cuisine conviviale ; et Les Toqués du Terroir, pour les spécialités normandes et le vin nature. Pour une pause thé, retrouvez nos adresses dans notre guide de Honfleur en hiver et à Noël (/honfleur-hiver-noel).
Pour profiter du marché, partez de Honfleur un mercredi ou un dimanche. Commencez par le marché et la Halle aux poissons (matinée), déjeunez sur le quai, flânez sur les Planches et devant les villas, visitez le Musée Villa Montebello l’après-midi, puis terminez par l’escalier du Serpent ou les belvédères avant de rentrer à La Petite Folie. Les autres jours, la même boucle fonctionne, sans l’animation du marché.
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Maison Persane à Trouville, kiosque mauresque à Honfleur : le même rêve d’Orient, côté jardin. Découvrir le kiosque mauresque
Avant ou après Trouville, faites aussi votre marché à Honfleur : poissons, fromages, produits du terroir et boutiques vers le Vieux-Bassin. Voir le marché de Honfleur.
Du Vieux-Bassin à la plage du Butin, quatre itinéraires de 30 minutes à 3h30 pour prolonger la découverte côté Honfleur. Voir les balades
Comptez environ 15 kilomètres et une vingtaine de minutes en voiture hors affluence. La ligne de bus 111 relie aussi Honfleur à Trouville en une trentaine de minutes.
Le marché hebdomadaire de Trouville-sur-Mer a lieu chaque mercredi et chaque dimanche, de 8h à 13h, boulevard Fernand-Moureaux, du Pont des Belges à la Halle aux poissons.
Construite en 1936, la halle est en béton armé mais ses faux pans de bois, son échauguette d’angle et l’entrée de la criée s’inspirent de la Lieutenance de Honfleur, dans le cadre de la politique de normandisation menée par le maire Fernand Moureaux.
Ils se situent côté Deauville, à la jonction des deux villes, près du Pont des Belges. Inaugurées en 2020, ces deux tours de 28 mètres offrent depuis l’une d’elles une vue à 360° sur Trouville, Deauville et l’estuaire de la Touques.
L’escalier du Serpent, rue de Formeville, compte 107 marches. Il relie le quartier Bonsecours aux hauteurs de la ville et offre une vue sur les toits et le littoral.
Flaubert venait en vacances à Trouville chaque été. C’est sur la plage, en août 1836, qu’il rencontra Élisa Schlésinger, qui inspira le personnage de Madame Arnoux dans L’Éducation sentimentale. Une statue de l’écrivain se dresse place Foch, au bord de la Touques.