Chambres et appartements de charme à Honfleur
On l’aperçoit depuis les hauteurs de Honfleur : de l’autre côté de l’estuaire, au-delà du Pont de Normandie, Le Havre étire ses grues, ses tours et son horizon de béton clair. Vingt-cinq minutes de route suffisent pour y arriver, et pourtant la ville n’a rien d’une seconde Honfleur : détruite en 1944, reconstruite par Auguste Perret, inscrite à l’UNESCO en 2005, elle est l’un des grands laboratoires de l’architecture du XXe siècle — et le berceau, aussi, de l’impressionnisme. Un contraste parfait avec les colombages du Vieux-Bassin, pour une excursion à la journée depuis La Petite Folie.
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Les deux villes se connaissent depuis toujours. Le nom même du Havre vient de là : fondée par François Ier en 1517, la ville s’est d’abord appelée Havre-de-Grâce, du nom d’une chapelle Notre-Dame-de-Grâce qui lui faisait face, de l’autre côté de l’estuaire, à celle de Honfleur — la chapelle de la Côte de Grâce que l’on découvre dans notre guide des balades à Honfleur (/balades-honfleur).
Les artistes ont fait le même va-et-vient. Eugène Boudin, né à Honfleur en 1824, a travaillé enfant, dès l’âge de dix ans, sur un vapeur qui assurait la liaison entre Le Havre et Honfleur, avant que sa famille ne s’installe au Havre en 1835. C’est dans cette ville qu’il initiera le jeune Claude Monet à la peinture en plein air. Deux rives, une même lumière.
En voiture, le trajet se fait par l’A29 et le Pont de Normandie : comptez une vingtaine de kilomètres et environ 25 minutes hors circulation dense. Le péage du Pont de Normandie est à plus de 6 € pour une voiture. Au Havre, le stationnement en centre-ville est payant, comme à Honfleur.
En bus, un car régional relie Honfleur au Havre en 30 à 40 minutes en franchissant lui aussi le Pont de Normandie. Les modalités des liaisons de la région (bus, train) sont détaillées dans notre guide pour venir à Honfleur sans voiture.
Et en bateau ? Là, il faut être précis : il n’existe pas aujourd’hui de liaison régulière en bateau entre Honfleur et Le Havre. Les balades en bateau au départ de Honfleur (une heure trente environ) passent sous le Pont de Normandie, mais ne débarquent pas de l’autre côté. La traversée de l’estuaire a pourtant bel et bien refait surface : pendant l’été (de juin à septembre 2026, à des dates précises, sous réserve de la météo), des traversées d’environ 45 minutes relient Le Havre à Trouville-sur-Mer et Deauville. Une manière originale de retrouver la tradition de la traversée « de l’autre côté de l’eau » — avant que les ponts de Tancarville (1954) et de Normandie (1995) ne la rendent presque inutile. Depuis Honfleur, il suffit de rejoindre Trouville (voir notre parcours à Trouville-sur-Mer) pour monter à bord. (Dates, horaires et tarifs sont à vérifier auprès des offices de tourisme ou de Vedettes Baie de Seine.)
Les 5 et 6 septembre 1944, les bombardements alliés anéantissent la quasi-totalité du centre du Havre : sur 150 hectares de zone dévastée, seuls quelques édifices restent debout. La reconstruction est confiée à Auguste Perret et à son atelier, qui rebâtissent la ville entre 1945 et 1964 en béton armé, sur une trame orthogonale fondée sur un module de 6,24 mètres, avec de larges avenues, des arcades et beaucoup de lumière.
Le 15 juillet 2005, l’UNESCO inscrit sur la Liste du patrimoine mondial le centre reconstruit du Havre, sur un périmètre de 133 hectares : un site salué pour l’exploitation novatrice du béton et pour la cohérence exceptionnelle de son urbanisme. Pour s’en imprégner, rien de tel qu’une marche le long de la rue de Paris, de la Porte Océane — achevée en 1956, porte monumentale entre la ville et la mer — jusqu’à la place de l’Hôtel de Ville. D’avril à octobre, des visites panoramiques permettent même de monter au 17e étage de la tour de l’Hôtel de Ville pour embrasser l’ensemble du quartier.
Impossible de la manquer : l’église Saint-Joseph s’élève à 107 mètres, signal de la ville visible depuis la mer et, par temps clair, depuis les hauteurs de Honfleur. Commencée en 1951 et achevée en 1957, après la mort de Perret en 1954, elle est le chef-d’œuvre de son architecture religieuse : une tour-lanterne octogonale en béton, portée par quatre groupes de piliers sur une base carrée d’environ 40 mètres de côté.
C’est à l’intérieur que la surprise est totale. Les maîtres-verriers ont habillé la tour de 12 768 verres colorés, œuvre de Marguerite Huré, répartis selon l’orientation du soleil : le béton gris se charge alors de couleurs qui changent au fil de la journée. La visite est libre tous les jours (hors cérémonies), boulevard François-Ier.
Pour comprendre que la reconstruction fut aussi une révolution du quotidien, l’Appartement témoin Perret reconstitue un logement type de l’époque, tel que l’architecte l’avait pensé : plan optimisé, mobilier de série signé René Gabriel, André Beaudoin ou Marcel Gascoin, électroménager moderne, tissus colorés. La visite, guidée eet de 50 minutes environ, part de la Maison du patrimoine (181, rue de Paris). Elle se fait sur réservation obligatoire, avec la gratuité pour les moins de 26 ans, et n’est pas adaptée aux enfants de moins de 7 ans. À réserver à l’avance, les groupes étant limités.
Face au port, au bout du boulevard Clemenceau, le Musée d’art moderne André Malraux — le MuMa — est le premier grand musée construit en France après la guerre, conçu par Guy Lagneau et inauguré en 1961 par André Malraux. Sa façade de verre et d’acier laisse entrer la lumière changeante de l’estuaire, que viennent tamiser des lames d’aluminium dessinées par Jean Prouvé ; devant l’entrée, la sculpture Le Signal d’Henri-Georges Adam cadre l’horizon.
À l’intérieur, les collections impressionnistes comptent parmi les plus importantes de France : selon l’Office de Tourisme du Havre, elles sont les secondes du pays après celles du musée d’Orsay. On y croise Boudin, Monet, Renoir, Pissarro, Degas, Sisley, mais aussi les fauves, Raoul Dufy en tête, ainsi que Matisse, Marquet ou Derain.
L’histoire est ici aussi sur le port, dehors. En novembre 1872, depuis la fenêtre de sa chambre de l’hôtel de l’Amirauté, sur le Grand Quai, Monet peint l’avant-port au petit matin : Impression, soleil levant. Exposé en 1874, ce tableau donnera son nom à l’impressionnisme. Précision utile : la toile elle-même est conservée au musée Marmottan Monet, à Paris, et non au MuMa — mais c’est bien au Havre qu’elle est née. Le musée est ouvert du mardi au dimanche (fermé le lundi), gratuit pour les moins de 26 ans.
Au bout de la rue de Paris, le Havre change de visage : la plage de galets longe le centre-ville, bordée de cabanes de plage repeintes par le graphiste néerlandais Karel Martens, de terrains de jeux et de terrasses. C’est aussi le point de départ d’un véritable musée à ciel ouvert, grâce à l’événement Un été au Havre lancé en 2017 pour les 500 ans de la ville :
Jean Nouvel a signé de son côté les Bains des Docks (2008), piscine installée dans l’ancien quartier des docks.
Sur les hauteurs, au 65 de la rue du Fort, les Jardins suspendus occupent depuis 2008 les vestiges du fort de Sainte-Adresse, bâti à partir de 1854 sous Napoléon III. Ce jardin botanique de 17 hectares, labellisé « Jardin remarquable » depuis 2014, déploie ses jardins thématiques dans les anciens bastions, ses serres de collection et surtout une promenade haute qui domine la ville, le port et l’estuaire. L’accès aux jardins est gratuit ; seules les serres sont payantes (2 €, gratuit pour les moins de 12 ans), avec des horaires variables selon la saison.
Le Havre est avant tout un port, le plus grand de France pour les conteneurs. Le Havre Port Center, installé au Terminal de la Citadelle, explique la vie portuaire au moyen d’expositions et de visites : il est ouvert aux particuliers le samedi et le dernier week-end du mois, de 14 h à 18 h, et propose sur inscription des visites guidées de Port 2000 en car (environ 4,2 km de quais et une trentaine de portiques) ou en bateau, depuis la digue Charles-Olsen. Pour une alternative plus souple, la compagnie Vedettes Baie de Seine organise de mars à novembre une visite du port d’une heure trente.
Pour un parcours cohérent, partez le matin pour la rue de Paris et la Porte Océane, avec la montée à la tour de l’Hôtel de Ville si possible, et visitez l’église Saint-Joseph. Déjeunez dans le quartier Perret, puis consacrez l’après-midi au MuMa (ou à l’Appartement témoin sur réservation). Terminez par la plage et la Catène de containers au coucher du soleil, ou par les Jardins suspendus pour la vue. Le retour vers Honfleur se fait par le Pont de Normandie, avec, de l’autre côté, la silhouette de la Côte de Grâce.
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Comptez environ 25 minutes en voiture par l’A29 et le Pont de Normandie, soit une vingtaine de kilomètres. Le péage du Pont de Normandie est de 6,10 € pour une voiture depuis le 1er mai 2026. Un car régional relie aussi les deux villes en 30 à 40 minutes.
Il n’existe pas de liaison régulière en bateau entre Honfleur et Le Havre. En été, des traversées de l’estuaire d’environ 45 minutes relient en revanche Le Havre à Trouville-sur-Mer et Deauville, à des dates précises et sous réserve de la météo.
Le centre du Havre, détruit par les bombardements de septembre 1944, a été reconstruit entre 1945 et 1964 par Auguste Perret et son atelier. L’UNESCO l’a inscrit le 15 juillet 2005 pour l’exploitation novatrice du béton et la cohérence exceptionnelle de son urbanisme, sur un périmètre de 133 hectares.
Monet a peint ce tableau au Havre en novembre 1872, depuis une fenêtre de l’hôtel de l’Amirauté, mais la toile est conservée au musée Marmottan Monet à Paris. Le MuMa du Havre présente quant à lui l’une des plus importantes collections impressionnistes de France.
Oui, la réservation est obligatoire. La visite guidée dure environ 50 minutes et part de la Maison du patrimoine, 181 rue de Paris. Le tarif est de 7 € (5 € en tarif réduit), avec la gratuité pour les moins de 26 ans.
L’accès aux jardins du fort de Sainte-Adresse est gratuit. Seules les serres de collection sont payantes (2 €, gratuit pour les moins de 12 ans), avec des horaires variables selon la saison.